MES THÉORIES PERSONNELLES SUR LE BON USAGE
DE LA MÉMOIRE

 

EN CLASSE

 

On ne peut mémoriser que ce l'on a compris !

         Je le dis et le répète à mes élèves. Si vous n'avez pas compris ce que l'on vous demande d'apprendre, n'espérez pas pouvoir vous en souvenir à long terme.
          Imaginons que vous décidiez d'apprendre une chanson en... chinois (et que bien sûr, vous ne connaissiez pas un traître mot de chinois !). Cela vous donnera vraiment beaucoup de mal, j'en suis persuadée... mais admettons que vous y parveniez, saurez-vous pour autant parler chinois ? serez-vous capable de replacer intelligemment ce que vous avez appris dans une conversation? Résultat : exercice de mémoire mécanique qui ne présente aucun intérêt du point de vue de l'apprentissage ou de la connaissance.
          Imaginons maintenant que vous deviez apprendre une formule mathématique à laquelle vous n'avez rien compris : en admettant qu'à force de la "rabâcher", vous parveniez à la mémoriser : quel usage pourrez-vous en faire ? Aucun ! Et vous l'oublierez dès que l'on ne vous demandera plus de la réciter... Bénéfice ? Nul !

Expérience personnelle:

          J'ai étudié l'allemand en deuxième langue au collège. Guidée par les explications continuelles de mon professeur, j'ai mémorisé (en comprenant) ce que l'on m'a enseigné. Bien sûr, n'en n'ayant fait que deux ans, j'ai oublié une partie de ce que j'avais appris. Toutefois, 44 ans après, il m'est encore possible de faire des phrases simples et j'ai le sentiment profond qu'il suffirait que je m'y "remette" pour réactiver mes connaissances enfouies dans ma mémoire.
          Plus tard, toujours passionnée par les langues étrangères, je me suis lancée dans l'étude par correspondance de l"arabe classique. Personne pour m'expliquer... Pour seuls guides, des cours polycopiés auxquels je ne comprenais pas grand-chose. Bref, à l'heure actuelle, et bien que j'aie travaillé avec acharnement pendant une année entière, je n'ai strictement aucun souvenir de cette langue : je n'éxagère pas, pas le moindre mot, pas même oui ou non ! La seule chose dont je me souvienne, c'est que certaines ( ou toutes? ) lettres ne s'écrivent pas de la même façon suivant qu'elles sont placées en début, au milieu ou en fin de mot ... Piètre résultat !!!
          L'espagnol ? De pure souche charentaise, je l'ai appris sur les bancs de l'école... avec de bons professeurs.
Conclusion : l'anglais, l'espagnol, le russe, l'allemand ( même dans une vraiment moindre mesure ), je les ai appris et compris et ils sont toujours vivaces dans ma mémoire. Je peux m'en servir quand l'occasion se présente. Par contre, de l'arabe, je n'ai que le souvenir d'avoir essayé de l'apprendre... sans y être parvenue. Je demeure persuadée qu'avec les éclaircissements d'un enseignant, j'aurais compris ce que je m'évertuais à retenir et qu'aujourd'hui, je "baragouinerais" au moins en arabe !

          Cela, c'était pour l'expérience personnelle; pour ce qui est de l'expérience professionnelle, depuis 35 ans, il ne se passe pas de cours sans que je mette au défi un élève de me donner le sens d'un mot qu'il "prétend" avoir compris... ou bien qu'un élève me "récite" avec difficulté une phrase à apprendre  et dont il est totalement incapable de se souvenir deux cours plus tard...

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          Il est bien évident que le préambule à toute mémorisation d'apprentissage est d'abord lié à la volonté de se souvenir ! mais que lorsque la volonté est là, si l'on n'a pas compris ce que l'on veut mémoriser, le souvenir restera dans la mémoire à court terme et ne passera jamais dans la mémoire à long terme, ce qui est primordial dans l'apprentissage et ensuite la pratique d'une langue vivante... ou d'autre chose ! Donc, après la théorie, la pratique :

TOUJOURS DEMANDER UNE EXPLICATION QUAND ON NE COMPREND PAS .

          et se rappeler" qu'il n'y a pas de questions idiotes mais des idiots qui ne posent pas de questions" !!! car

LEÇON COMPRISE EST PRESQU' APPRISE

 

          POUR CE QUI EST DES AUTRES CONDITIONS PROPICES À UNE BONNE MÉMORISATION, JE VOUS RENVOIE SUR L'EXCELLENT SITE "MÉMOIRE ET VIE ". POUR EN SAVOIR PLUS, CLIQUEZ ICI.

 

 

À LA MAISON

 

 

TOUTEFOIS, J'AIMERAIS VOUS PARLER D'UN POINT QUI ME TIENT À COEUR : L'IMPORTANCE DU SOMMEIL DANS LA MÉMORISATION.

          Là encore, vous obtiendrez de nombreuses informations en associant les mots "sommeil" et "mémoire" sur un moteur de recherches. Je me contenterai de vous livrer ici l'extrait d'un article publié sur le site " e-sante.fr "

 

" Mémoire et sommeil : l’un ne va pas sans l’autre

Une bonne mémoire est synonyme d’un bon sommeil. Les capacités mnésiques seraient surtout améliorées pendant les trois premières heures de la nuit.

Selon une étude américaine, une bonne nuit de sommeil est indispensable pour préserver sa mémoire. Plus de 130 personnes ont participé à un test sur les capacités mnésiques: après quelques heures de sommeil, une bonne nuit ou une nuit blanche. Si les résultats sont identiques dans les deux premiers cas, la mémoire est moins bonne après la nuit blanche. Par ailleurs, ce sont les trois premières heures de la nuit les plus importances pour améliorer les capacités mnésiques, comparées à un endormissement en milieu ou en fin de nuit."

 

             Personnellement, j'ai toujours eu une relation très forte avec ma mémoire. Très tot au cours de mes études, j'ai appris à la domestiquer. Puis, je l'ai martyrisée, surchargée, au point d'avoir eu l'impression, au lendemain du Bac, qu'elle allait éclater et qu'elle ne pourrait plus jamais fonctionner. A partir de ce moment, j'ai dû apprendre à la ménager : fini le "par coeur" à tout va. J'ai donc établi des stratégies qui, pour moi, se sont révélées efficaces ( et plus reposantes ). Je vous les livre en partant du principe que si elles ne fonctionnent pas avec vos enfants, au moins ne leur feront-elles pas de mal.

        1° ) Il est très important d'avoir une attention soutenue en cours ce qui, je le reconnais, n'est pas toujours facile . Pour ma part, je saisis régulièrement les occasions qui me sont offertes pour "faire diversion" et briser ainsi l'intensité de l'attention, lui permettant de se reposer pour mieux se remobiliser. ( Je souris en pensant que ceux de mes élèves qui liront cela, seront surpris de savoir que ce qu'ils attribuent à mon côté "cool", répond avant tout à une préoccupation pédagogique... )

        2° ) Ne pas attendre la veille du cours suivant pour revoir la leçon. Le soir même de la leçon, consacrer 2 à 3 minutes ( cela n'a rien d'impossible !) à seulement relire les notes prises en cours, de préférence, peu de temps avant le coucher : simplement "relire" ( et non pas regarder ce qui est écrit en pensant à autre chose ). Le sommeil facilite la mémorisation et l'apprentissage à proprement parler de la leçon s'en trouvera grandement facilité.

        3° ) Au moment d'apprendre la leçon, plusieurs étapes s'imposent ( qui ne nécessitent pas forcément beaucoup de temps mais qui sont indispensables ) :

        4° ) Régulièrement, prendre son répertoire et au hasard, vérifier que vous êtes capable de traduire quatre ou cinq mots d'une langue à l'autre (voir à ce sujet ce que j'ai écrit sur "le répertoire")

        5° ) Le soir, dans votre lit, en pensant à l'élu(e) de votre coeur ou à votre meilleur(e) ami(e), imaginez ce que vous avez envie de lui dire... en espagnol. Vous prendrez ainsi à coup sûr, conscience de l'intérêt qu'il y a à connaître le vocabulaire et les conjugaisons! ( Euh... dépassez le classique "te quiero mi amor" lol!)

 

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       Voilà, je crois que j'ai fait le tour de ce qui me semble primordial à une bonne mémorisation. Si j'ai exposé mes techniques en relation avec le thème du sommeil, c'est que je suis persuadée que si vous faites tout cela le soir, vous retiendrez beaucoup mieux ce que vous avez appris.

        Ne vous êtes vous jamais couché(e) en vous disant que vous avez oublié de faire telle ou telle chose mais que vous n'avez ni le courage de vous relever, ni celui de le noter? Peut-être faites-vous comme moi? Je pense très fort à ce que je dois faire en m'intimant l'ordre d'y penser dès mon réveil. Immanquablement, la première ou deuxième chose à laquelle je pense le lendemain matin, c'est à cela.
        Etudiante, je me souviens d'avoir passé une soirée entière à chercher à résoudre un problème de math très ardu. De guerre lasse, je me suis couchée et ... j'ai résolu mon problème en rêve ! Le lendemain matin, je me suis souvenue de tous les détails de mon rêve et j'ai pu résoudre mon problème !!!

        Sur ce, un petit conseil : exigez que vos enfants se souchent à des heures régulières et surtout de bonne heure, sachant que les trois premères heures de sommeil avant une heure du matin environ ( dixit un spécialiste), sont les plus efficaces quant aux apprentissages et à la mémorisation. Bon courage !