LES EXPRESSIONS . 1

 

Chaque vendredi, découvrez ou redécouvrez une expression française et son équivalent espagnol en partenariat avec l'Alliance Française de Madrid.

 


" Épater la galerie "



Épater la galerie ( traduction littérale : "Achatar la galería" )
Castellano : " Dejar pasmado "

La douleur est lancinante. Dans ce couloir surpeuplé des urgences, vous contemplez votre jambe brisée. Après la radio, ce sera le plâtre, les béquilles et enfin la rééducation. Vous commencez à être habitué. Depuis que vous faites du skate-board, c’est votre douzième visite à l’hôpital. Tous les os de votre corps  –  de la cheville au poignet, en passant par la clavicule, le coude et le genou  – tous, ont connu le plâtre, le bandage, le mercurochrome ou l’alcool à 90º. Et vous pensez à votre mère qui vous répète "arrête de vouloir épater la galerie. Un jour ça va mal finir."


Le verbe "épater" est formé du préfixe é- (enlever) et de patte. Il signifie surprendre beaucoup  –  a en avoir les jambes coupées.

Quant à la galerie, c’était la partie réservée aux spectateurs du Jeu de Paume ( l’ancêtre du tennis ). Les prédécesseurs de Nadal rivalisaient d’habileté pour les fasciner, pour épater la galerie.


Thomas BOSC, professeur à l'AF ( www.lepetitjournal.com - Madrid )

 

 

 "Faire grève

 

Faire grève ( Traduction littérale : "Hacer el arenal" )
Castellano : "Hacer huelga"


De votre bureau vous observez vos employés. La réunion a commencé il y a plus d’une heure. Au début, personne n’osait prendre la parole. Petit à petit les langues se sont déliées. Les récriminations se sont faites plus précises. En quelques minutes l’ambiance s’est durcie. Quelqu’un a crié "On n’a qu’à voter !". Et lentement, les mains se sont levées, une à une. La décision a été prise à l’unanimité. La grève illimitée a été déclarée. Vous n’êtes pas vraiment inquiet. L’usine va être délocalisée le mois prochain en Thaïlande. Votre appartement de Bangkok n’attend que vous.


A l’origine, la grève était un quai en pente douce où l’on déchargeait les bateaux. Les personnes qui recherchaient du travail s’y groupaient pour attendre les ordres d’un possible patron. Ce n’est que bien plus tard que cette grève est devenue symbole de  revendications et d’arrêt de travail.


Thomas BOSC, professeur à l'AF (www.lepetitjournal.com - Madrid )