LES EXPRESSIONS DU LANGAGE COURANT
Tout comme L'Académie Française est chargée de l'élaboration et de la mise à jour de notre dictionnaire officiel de la langue française, en Espagne, ce rôle est dévolu à la REAL ACADEMIA ESPAÑOLA (RAE).
Cette Academia se compose de gens de lettres, la plupart d'un certain âge, chargés de vérifier la conformité de la langue espagnole. Chaque membre a à sa charge UNE lettre de l'alphabet. De temps en temps, on peut lire dans la presse espagnole que tel écrivain connu a pris en charge la lettre "B" et veille dorénavant sur tous les mots commençant par "b".
La RAE publie régulièrement un dictionnaire officiel considéré comme étant la référence:
Le "DICCIONARIO DE LA REAL ACADEMIA ESPAÑOLA" (DRAE)
La mentalité très conservatrice de cette institution (certains domaines comme le sexe, la religion... sont impitoyablement censurés) amène à ne pas répertorier quantité de mots qui pourtant existent dans le langage parlé et même écrit.
"L'espagnol sans interdits" de la méthode Assimil (www.assimil.com), propose l'exemple de l'expression "hacer la cusqui" (enquiquiner) que l'on retrouve dans le dictionnaire le plus complet de la langue espagnole (unilingue et en deux tomes de 3000 pages),
Le "DICCIONARIO DEL USO DEL ESPAÑOL DE MARÍA MOLINER",
accompagnée de la mention "n'apparaît pas dans le DRAE", alors que c'est une expression entrée dans le langage courant depuis des années.
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Est-ce un problème, me demanderez-vous ? En tout cas, c'est celui des Français qui se rendent en Espagne et qui ne comprennent pas un traître mot de ce qu'ils entendent, sous prétexte que les expressions du langage parlé ne se trouvent pas dans le dictionnaire et qu'à l'école, au lycée ou à l'université, personne ne s'est cru autorisé à les leur enseigner ! Ce n'est d'ailleurs pas un problème typiquement français. Dans de nombreux pays, il est d'usage d'enseigner les langues étrangères dans leur forme "académique" c'est-à-dire telle qu'elle devrait être parlée dans l'idéal, ce qui est loin d'être le cas dans la réalité.
Je me souviens qu'un de mes amis slovaques, professeur de français titulaire à l'Université de Bratislava (excusez-moi du peu !), m'avait raconté que lorsqu'il avait mis le pied pour la première fois sur le quai d'une gare parisienne, en entendant parler les gens, s'était demandé s'il ne s'était pas trompé de pays : il ne comprenait rien !!!
Bien sûr, il n'est pas aisé de faire l'exacte distinction entre les expressions populaires (coloquiales), familières (familiares) ou vulgaires (vulgares) ! Certaines expressions vulgaires à une époque peuvent devenir simplement familières quelques années plus tard. Par exemple, l'expression "prendre son pied" qui au temps de ma jeunesse résonnait comme la plus grande des vulgarités et qui aujourd'hui, ne fait plus sourciller personne tant elle est entrée dans le langage courant.
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